Donner, l'illusion du don et l'outil du don

Quand on commence à être "Enseigné" par Eux (les êtres d'Amour et de Lumière), Ils commencent à nous parler notre langage : celui de la souffrance, celui de la séparation, celui de nos mots, de nos espoirs, de nos manques, de nos certitudes, de nos croyances. On comprend les "profondes" causes de nos souffrances, les "origines" inconscientes. En portant à la Lumière ces origines, elles s'apaisent voir disparaissent. Puis, arrive le moment, où progressivement, toujours en parlant notre langage, Ils commencent à nous parler un autre langage : celui qui délivre des prisons de nos pensées entravantes, de nos pensées qui nous empêchent de nous voir Véritablement pour Qui Nous Sommes, c'est-à-dire sans toutes ces injonctions d'être ceci, cela, de ne pas être comme ceci, cela, d'être toujours davantage ainsi, et toujours moins autrement cela. En d'autres mots, Ils nous Enseignent le langage d'Amour. Et dans ce langage est Amour de Soi.

 

A ce moment-là, bien des pans de notre existence passée s'éclaircissent : on comprend sous un tout autre angle tout ce que l'on a traversé dans notre existence comme joies, comme souffrances. On Comprend. Plus de sentiment d'injustice, de trahisons. Encore davantage de Paix.

 

Puis vient ensuite encore un autre temps, celui où on réalise qu'en tant qu'être humain, on est bien autre chose que ce qui nous a depuis toujours été enseigné. Bien plus grand, bien plus "sympathique" que toute cette ombre dont notre société nous rabat constamment les oreilles. Non pas parce que l'on voit le monde au travers de lunettes rose, façon "Bisounours, tout le monde est beau, tout le monde est gentil". Mais parce que, en soi, un autre espace s'est OUVERT : CELUI DU COEUR. Je ne parle pas de cet espace pensé du coeur, dans lequel là aussi, bien des injonctions vous incitent à dire les choses ainsi, à agir plutôt comme cela et non ainsi, dans lequel vous vous observez constamment pour vous "reprendre" si vous ne faîtes pas comme "cette image de l'être d'Amour' que vous devriez être (ou ne pas être pour certains...) ou que vous pensez être. Je parle de cet espace de l'ETRE et non du FAIRE OU DU NON FAIRE. 

 

J'ai rencontré bien des personnes "en chemin spirituel", enfermées dans bien des contraintes vis-à-vis d'elles-mêmes et cela, sans se rendre compte que le chemin qui Accompagnait le temps d'avant devenait le chemin qui enfermait aujourd'hui. J'ai rencontré bien des personnes, dont notamment des personnes qui faisaient des expériences "extra-ordinaires". Moi-même je suis passée par ce "chemin", par ces chemins. J'ai été dans les débuts "bien perchée" parfois, comme on dit de ces personnes qui prennent conscience que notre monde est bien plus que ce qui nous est présenté à l'école, et qui se mettent alors inconsciemment à "fuir la réalité précédemment connue". Ces personnes se "fuient" inconsciemment "en restant là-haut", fuient ce qu'elles sont en tant que personne incarnée et bien souvent ne s'en rendent même pas compte. L'incarnation est ici et maintenant. Sur Terre. Il y a beaucoup d'illusions d'égo dans ces chemins. Encore faut-il un jour en prendre Conscience.

 

Aujourd'hui, J'Aime. Mais pas dans toutes ces images sociétales, où par exemple quand on Aime, il faudrait obligatoirement donner à toutes et à tous. Qu'en savez-vous que l'Autre demande Véritablement ce don ? Si vous êtes dans l'espace de toutes vos idées sur ce qu'est Aimer, vous n'Aimez pas Véritablement. Si par exemple, vous vous dîtes : je sais que je suis venu pour aimer et donc, je vais donner à tous les SDF que je croise dans ma rue. Dans cet exemple, vous êtes dans l'idée d'Aimer. Si vous ne vous dîtes rien au préalable, vous marchez dans votre rue et à un moment présent, vous "Sentez" que vous avez envie de donner à ce SDF, mais vous Sentez exactement de la même façon que vous n'avez pas envie de donner aux 3 autres SDF de votre rue et que vous ne donnez pas, là vous donnez Véritablement. Il n'y a alors aucune culpabilité de ne pas donner. Cela est juste et vous le Savez. Dans cet exemple, même si vous n'avez pas donné à plusieurs personnes, vous êtes pourtant dans l'espace du Coeur. Et donc, vous avez agi guidé par Amour. Pourquoi ? Car, vous suivez non pas les obligations morales, les obligations sociétales ou autres, vous suivez ce que Vous "Sentez". Votre Coeur. Quand j'écris "Vous le Savez", je mets une majuscule au début du mot savoir. Car ce n'est pas le savoir de l'ordre de la pensée qui se construit dans la tête. C'est de l'ordre de ce que nous pourrions appeler l'intuition, c'est-à-dire un Savoir que vous avez bien au-delà du savoir de votre tête, de vos pensées de savoir. Continuons, vous allez davantage comprendre.

 

Allons plus loin dans cet exemple et reprenons la partie dans laquelle la personne suit sa pensée pour être amour et donne à chacun de ces SDF. "Bien", vous dîtes-vous, "chacun d'entre eux mangera à sa faim ce soir". Qu'en savez-vous ? Peut-être que l'un se fera frappé parce qu'il a de l'argent et il ne mangera pas ce soir. Peut-être que pour un autre cela aurait été juste de ne pas manger le soir même, même le lendemain et le surlendemain. Car, c'est justement parce que la situation deviendrait alors très difficile pour lui, qu'il renouerait le lien familial ou amical qu'il avait précédemment rompu et que le rétablissement de ce lien aurait été le véritable don pour lui. Alors, qu'en savez-vous que vous donnez ce qui est juste et bon pour l'Autre ? Si vous suivez vos pensées, vous ne pouvez jamais en être sûr. Si vous Ecoutez l'Autre, votre Coeur, vous Savez.

 

Allons encore plus loin dans cet exemple. Vous pensez donc donner POUR l'autre. Oui, vous le pensez. Mais, si vous étiez Accompagné par Eux (les êtres d'Amour et de Lumière), Ils vous feraient voir et comprendre que vous ne donnez alors pas POUR l'autre. Vous donnez donc ainsi souvent à l'autre car vous pouvez ainsi VOUS DONNEZ ce qui vous manque. Autrement dit, vous ne donnez pas à l'autre pour l'aider mais pour VOUS AIDER. Que ce soit consciemment ou inconsciemment. Vous aidez l'autre pour combler vos propres manques, pour répondre à vos propres besoins. 

 

Dans cette compréhension, si vous donnez à l'Autre pour combler vos propres manques, pour combler vos propres besoins, vous commencez à comprendre que cette action de donner que vous pensiez ajustée à l'être d'Amour que vous pensiez être, n'est ajusté ni à ce qui aurait été juste et bon pour vous ni, la plupart du temps, à ce qui aurait été Véritablement juste et bon pour l'Autre. Du moment que vous donnez à l'Autre pour inconsciemment ou consciemment répondre à la satisfaction de vos propres besoins, vous ne pouvez pas être à l'Ecoute des Véritables besoins de l'Autre. Votre Ecoute des besoins de l'Autre est forcément "parasitée" par la voix de vos propres besoins. Donc, vous ne pouvez que partiellement aider quand vous pensez aider. Ou parfois, même faire l'inverse que d'aider : creuser encore plus la ou les "problèmatiques" souffrantes. Continuons, puisque nous sommes sur ce chemin.

 

Allons encore plus loin. Parfois, la forme juste du don pour l'Autre peut être non-don. Je m'explique. Prenons un autre exemple : parlons du don de soi, autrement dit de l'aide à l'autre. Et pour cet exemple, prenons la situation dans laquelle vous avez constamment l'appel d'une "connaissance" qui vous déverse tout son malheur au téléphone. Ce n'est pas la première fois. Elle vous appelle constamment et vous êtes toujours partagé entre l'envie de ne pas répondre et le fait de devoir répondre. Vous savez, comme vous connaissez la personne, que si vous ne répondez pas, cette personne va être encore plus mal. Et vous savez aussi que, si vous ne répondez pas, vous ne pourrez pas vous empêcher d'y penser, en étant vous-même assez mal (allez hop ! un peu de culpabilisation ! Si vous culpabilisez, c'est un bon indicateur que vous êtes dans l'espace de la pensée de l'amour et non dans l'espace du coeur. Il n'y a pas de culpabilisation dans l'espace du coeur...) Donc, vous répondez à l'appel et vous écoutez pendant 2 heures cette personne et ses difficultés. Est-ce que la personne sera mieux après l'appel ? Vous vous direz que oui. Elle vous dira peut-être aussi elle-même qu'elle se sent mieux après vous avoir parlé. Très bien. Vous êtes satisfait. Voir même peut-être heureux. N'était-ce pas le but au final ? Que vous soyiez vous-même bien, ou mieux ? Que vous puissiez voir comme vous êtes une "bonne" personne ? Peut-être même juste pour soulager votre culpabilité ? Ou ne pas avoir à vivre cet état de mal-être, lié à cette culpabilisation si vous n'aviez pas répondu ? Mais, tournons maintenant notre regard vers votre "connaissance". Et envisageons dans cet exemple qu'elle a toujours vécu dans un rapport de grande dépendance aux autres, quelqu'ils soient. Pensez-vous alors que l'aide la plus juste était de lui faire revivre, encore et encore l'expérience qu'elle ne peut être mieux que par l'aide d'un autre qu'elle-même ? Car, malgré ce que vous vous donniez à penser, c'est, dans cet exemple, ce qui vient de se passer. En répondant une nouvelle fois à son appel, vous l'avez aidée non pas à se délivrer de sa problèmatique de souffrance, mais à l'installer encore un peu plus. Vous avez augmenté en elle l'expérience, donc la croyance, qui est la véritable origine de sa souffrance, que l'autre, quelqu'il soit, est LA condition pour pouvoir se sentir mieux ou bien dans sa vie. Autrement dit, qu'elle n'est pas suffisante elle-même pour s'apporter elle-même bien-être et plaisir de vivre. Autrement dit, vous creusez davantage encore son manque de confiance en elle et le peu d'amour d'elle-même. Peut-être que l'acte d'amour plus ajusté pour elle aurait pu être différent. Mais, guidé par vos propres besoins, vous n'avez pu Ecouter les Véritables demandes de l'Autre. Peut-être, dans cet exemple, qu'en n'ayant pas votre oreille, elle aurait justement été plus mal et qu'alors un "déclic" se serait fait, d'aller chercher "cette oreille" ailleurs. Peut-être en elle-même. Peut-être pour Apprendre à s'Ecouter et à entendre ce qu'elle souhaite Véritablement, au-delà du visage de sa souffrance actuelle. Ou de demander de l'aide à une personne ou à des êtres capables de lui apporter une aide Véritable, c'est-à-dire dans l'espace du Coeur. Alors, dans cet espace du Coeur, le terrain de la souffrance peut être Transformé pour un meilleur possible. Mais, en écoutant vos besoins d'aider, dans cet exemple, vous venez de fermer cette porte du possible. Je ne vous transmets pas par contre de ne pas répondre aux appels d'aide. Ce n'est pas la teneur de ce message. La teneur de mon message est que quand vous vous sentez dans l'obligation de le faire, vous êtes à côté de la plaque pour aider l'autre. Et, comme cette obligation peut être à la fois bien conscientisée, mais bien souvent non conscientisée... Pour le voir, écoutez vous penser : quand le "il faut", "je devrais", 'je ne devrais pas", etc.. rentrent en jeu dans votre décision d'aide, c'est que ce n'est pas Amour qui vous guide. Mais besoins et manques personnels. Conscients ou inconscients.

 

Maintenant, finissons ce message par la question suivante : et vous, en aidant l'autre, vous aidez-vous Véritablement ? Nous avons vu ensemble que bien souvent, c'est ce que vous essayez de faire en aidant l'autre dans la pensée d'amour : vous apporter ce qui vous manque, ce dont vous avez besoin. Alors, est-ce qu'au moins aider l'autre vous aide dans cette espace de la pensée ? Oui, mais à la seule condition que vous n'en restiez pas seulement à l'acte de donner, que vous n'en restiez pas seulement à la pensée d'aider l'autre. A la condition que vous en fassiez un "outil" pour pouvoir démasquer vos besoins et vos manques inconscients. Car, ce n'est qu'à cette seule condition que vous pourrez Véritablement donner, et aider l'autre et vous-même : en oeuvrant dans la Conscience. Car Conscience emmène ouverture du Coeur. Et quand ouverture du Coeur Est, tout est donné. Y compris ce que vous ne pensez pas donner.

 

- Caroline Baeyaert -